Les sous-traitants de la SNVI font 4 millions d'euros de chiffre d'affaires

mardi 30 juin 2009 à 8:54
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Quatre millions d’euros est le chiffre d’affaires généré par les sous-traitants de la seule entreprise Snvi.

Ce sont autant de devises qui ne sont pas allées dans l’importation. Mais la sous-traitance a d’autres vertus dont le maintien en activité du réseau des petites et moyennes entreprises, comme nous l’a expliqué Brahim Bendris, président de l’Union des professionnels de l’industrie automobile et mécanique (Upiam).

La filière de la sous-traitance dans le domaine de la mécanique devra s’enrichir de trois pôles industriels à l’Est, à l’Ouest et au Centre. Dans l’Algérois, l’idée est de créer un lieu de regroupement des entreprises qui sont actuellement en relation avec la Snvi.

L’emplacement retenu est tout naturellement la zone de Rouiba où est implantée cette entreprise. Ses fournisseurs ne seront donc pas obligés de se déplacer de régions lointaines pour atteindre leur destination.

Selon les informations recueillies auprès de Brahim Bendris, président de l’Upiam, les deux autres pôles devraient être situés à Constantine et à Sidi Bel Abbès.

Pour ces deux régions, c’est également l’implantation d’entreprises spécialisées dans le secteur de la mécanique qui a motivé ces choix. A Sidi Bel Abbès, on retrouve l’usine de production des machines agricoles comme les moissonneuses-batteuses.

A l’Est, plus précisément à Constantine, il y a un autre complexe de moteurs-tracteurs, qui a lui aussi, besoin que ses fournisseurs soient plus proches.

Comme on peut le constater à travers ces exemples, le secteur de la mécanique est axé sur des domaines où la demande est très élevée en Algérie.

Les transports et l’agriculture sont des activités qui connaîtront un essor non négligeable. La demande en équipement n’ira alors que croissante.

D’autres régions du pays disposent également d’un potentiel non négligeable en matière de fabrication des composants de véhicules.

Les hommes d’affaires de Ghardaïa se sont effectivement lancés dans la production de composants de véhicules comme les radiateurs et les batteries. L’un des plus gros clients de ce type d’activité est la Snvi. D’ailleurs, les 30 sociétés membres de l’Upiam réalisent un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros, selon Bendris.

C’est autant d’économies réalisées puisque le pays n’a pas eu recours à l’importation. Si la Snvi paie ses fournisseurs rubis sur l’ongle, il se trouve que ses clients enregistrent souvent des retards pour régler leurs factures, ce qui la met dans des difficultés financières puisqu’elle doit, entre autres, faire face aux agios de la banque auprès de laquelle elle contracte des prêts.

Les fabricants ne peuvent pas se satisfaire d’un marché restreint à quelques clients. Le besoin se fait ressentir pour élargir les débouchés.

Et là, les disponibilités locales ne peuvent pas répondre à cette exigence. C’est pour cela que l’installation des autres constructeurs de véhicules est une perspective qui ne peut que réjouir les patrons activant dans ce domaine.

L’Union a d’ailleurs été associée à plusieurs reprises à des discussions avec des entreprises et des responsables chinois à propos des possibilités d’installation des usines de fabrication ou d’assemblage.

Selon Bendris, le débat sur la qualité du produit chinois doit être mené dans des termes bien précis.

Selon lui, l’industrie chinoise est capable du meilleur comme du pire. Pour avoir visité la Chine, il livre son témoignage selon lequel les industriels de ce pays ont les capacités de donner naissance à des machines très sophistiquées et d’une solidité à toute épreuve.

Le tout dans des normes demandées par le client. Il s’agit seulement d’en payer le prix. Or, si l’on trouve actuellement des produits qui ne satisfont pas toujours le client, c’est que leur prix est très bas ce qui fait que la qualité s’en ressent terriblement.

Bendris souhaite également que les négociations avec les Iraniens puissent aboutir afin de parvenir à un accord sur l’installation d’usines de véhicule.

Il pense que le marché algérien est suffisamment attractif avec ses trente millions de consommateurs. Si on élargit le champ de vision à tout le Maghreb, alors ce sont 100 millions de consommateurs qui seront réceptifs à ces produits.

Pourtant, ce ne sont pas les écueils qui se dressent devant cette industrie qui manquent. L’un des freins à son expansion est celui du manque des assiettes foncières, selon notre source.

La volonté des étrangers à venir s’installer dans le domaine de la mécanique est réelle, selon Bendris. Des négociations sont régulièrement menées avec des pays européens comme la France et l’Italie, mais la concrétisation des projets se fait toujours attendre.

Si les fabricants ont encore à s’armer de patience avant l’éclosion de ce marché, ils ont tout le loisir de cibler d’autres débouchés. Ces derniers ne se limitent pas à la fourniture de pièces pour le montage de véhicules.

Tout le réseau des revendeurs de pièces détachées est aussi une cible. Le maintien d’un tel réseau de sous-traitance peut donc avoir des répercussions non négligeables sur la sécurité des consommateurs.

Selon certaines sources, le marché de la contrefaçon peut atteindre jusqu’à 50%. Et ce sont souvent les produits qui présentent le moins de garanties de sécurité.

Le produit local est beaucoup plus sûr. Même les concessionnaires ont été contraints de communiquer sur ce sujet tellement le préjudice a été important.

Pour améliorer davantage la qualité du produit algérien, l’Union est en contact avec le plan Meda II financé par l’Union européenne afin d’entamer un programme de mise à niveau des entreprises publiques et privées engagées dans cette activité.

Pour l’instant, il y a des réunion régulières, dont la dernière s’est déroulée à la fin du mois de juin pour s’entendre sur les détails de cette opération.

L’encadrement des entreprises est un autre impératif pour parvenir à une qualité irréprochable du produit fini. Là aussi, Bendris s’est dit confiant en se référant au potentiel d’ingénieurs et de techniciens formés et qui sont versés dans cette industrie.

L’élargissement de la gamme des produits fabriqués localement serait un autre atout qui augmenterait les chances de l’Algérie de disposer un jour d’unités de fabrication de véhicules.

Pour l’instant, les fabricants étrangers ont tout le temps mis en avant l’argument selon lequel la gamme des produits fabriqués localement est assez restreinte pour susciter l’implantation des usines.

Si, par exemple, les batteries et les amortisseurs sont fabriqués localement, ce n’est pas le cas des bougies et des culbuteurs.

Faire venir de nombreux composants de l’étranger vers l’Algérie n’aurait en effet qu’un impact minime sur l’industrialisation de la filière et les propriétaires de marques de véhicule seront encouragés à choisir l’Algérie comme destination pour leurs investissements si tous les éléments leur sont favorables.

On se souvient que pour promouvoir la destination Algérie, il a même été proposé en 2007, dans le cadre du débat sur la stratégie industrielle, de créer un circuit de course automobile.

C’est dire que ce ne sont pas les idées qui manquent pour séduire l’investisseur potentiel, mais les choses se compliquent davantage lorsque vient l’heure de passer à l’acte.

Si l’espoir de l’Algérie de créer de nouvelles industries se renouvelle sans cesse, c’est que l’enjeu est de taille.

Le maintien des petites et moyennes entreprises du secteur de la mécanique est essentiel pour assurer de l’emploi à des milliers de travailleurs.

C’est aussi l’un des rares secteurs qui a résisté à la fermeture en cascade des entreprises de par le monde et il n’est certainement pas opportun de renoncer à ce potentiel à un moment où la mobilisation semble l’emporter sur le fatalisme et où la volonté de faire revivre les heures de gloire de ce secteur n’est pas absente des esprits.

Certains aiment rappeler que les camions de la Snvi ont bien été classés aux premières loges lors des premières éditions du Paris-Dakar devant d’autres constructeurs étrangers. S’ensuivit une période d’exportation des véhicules vers certains pays.

Pour l’instant, la réflexion est orientée vers la recherche de partenaires pour être associés dans les pôles industriels de l’Est, de l’Ouest et du Centre.

C’est d’ailleurs une obligation depuis que le Premier ministre Ahmed Ouyahia a signé une circulaire dans ce sens.

La réactivation de formules gagnantes n’est pas, non plus, écartée. Quelques expériences ont été menées avec la Tunisie.

L’Algérie lui a livré des châssis et la société tunisienne concernée a procédé au montage de la carrosserie. Une moitié de la production a été retournée aux Algériens, le tout sans qu’il y ait de transactions monétaires.

Pour tenter de redonner un nouveau souffle aux échanges régionaux dans le domaine de l’industrie mécanique, l’un des moyens sur lesquels comptent les professionnels est la redynamisation des associations professionnelles.

Il y a l’Union maghrébine de l’industrie mécanique et automobile et la Fédération arabe des industries d’ingeniering. Ces espaces ne sont pas destinés uniquement à entretenir des discussions de salon.

Ce sont des outils pour le management du commerce extérieur devant servir comme cadres de recherche des marchés. Ils seront explorés par l’Algérie pour trouver de nouveaux débouchés à sa production.

Le marché national est demandeur de tous genres de véhicules vu l’importance des programmes d’équipements prévus. Mais au-delà de cette donne, rien n’interdit d’explorer et promouvoir le marché extérieur.

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