Le phénomène migratoire entre appréhensions et réalités

mardi 2 juin 2009 à 13:39
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Les transferts effectués par les émigrés vers leur pays ont dépassé les 300 milliards de dollars. Soit deux fois plus que toutes les aides des pays du Nord vers le Sud. Le monde compte plus de 200 millions de migrants et l’Afrique, à elle seule, connaît un flux migratoire interne 30 fois plus important que celui vécu par l’Europe.
La visite qu’entreprend, depuis ce dimanche, le directeur général de l’Organisation internationale des migrations (OIM) en Algérie, a été l’occasion de passer en revue, avec les responsables algériens, tous les aspects liés à ce phénomène, et pas seulement celui que les médias et les officiels occidentaux voudraient montrer, c’est-à-dire l’émigration clandestine. William Lacy Swing a eu un long entretien hier à la résidence Djenane El-Mithak, avec le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel.
L’Algérie étant membre de l’OIM, les discussions entre les deux responsables ont porté sur la problématique des migrations, sous toutes ses approches, selon M. Messahel qui estime que la rencontre était « fructueuse ». Les deux responsables ont évoqué la politique algérienne en matière de migration, dans les détails, à commencer par la préservation des droits des travailleurs émigrés légaux, comme point principal.
En effet, l’apparition du phénomène des harragas semble avoir fait oublier au Vieux Continent
ses devoirs envers les immigrés légaux. À ce titre, les deux responsables ont rappelé l’approbation récente de la Convention internationale de protection des travailleurs immigrés, dans le cadre d’une approche globale qui se focalise sur la migration et le développement. Concernant la coopération entre l’Algérie et l’OIM, il a été décidé de l’ouverture d’un bureau de l’organisation à Alger, qui devrait être opérationnel d’ici peu. Pour ce qui est de la migration clandestine, M. Messahel a rappelé que l’Algérie était un pays de transit et d’accueil. Il a estimé que la résolution de ce phénomène doit se faire dans une approche globale. À ce titre, il affirmera que l’Algérie prendra part à la rencontre prévue, autour de ce thème, à Athènes et invitera les pays africains à être présents en force, en vue de faire entendre la voix de l’Afrique. Tout en martelant que toute solution passerait par un dialogue continu entre le Nord et le Sud, M. Messahel rappellera la rencontre d’avril 2006, tenue à Alger et qui avait vu la participation de
53 pays du continent. « Nous avons dit que le phénomène est, d’abord, interafricain. Il constitue 30 fois plus que celui vers l’Europe. » Pour le ministre, l’approche doit être globale et ne doit pas concerner uniquement la migration clandestine. Il a déploré le fait que la position de l’Afrique soit marginalisée, voire inaudible sur la scène internationale. De son côté, le directeur général de l’OIM a mis l’accent sur la collaboration entre les 125 pays que compte l’organisation. M. Swing a rappelé que le monde comptait plus de 200 millions de migrants. « Nous insistons sur l’humanisation du traitement de ce phénomène », avant de mentionner que les migrants ont transféré plus de 300 milliards de dollars vers leurs pays respectifs.
Ce à quoi M. Messahel a ajouté : « Cela représente deux fois plus que le volume d’aides des pays développés aux pays du Sud. » M. Swing a rappelé, enfin, l’existence de 14 cadres régionaux de discussion pour rapprocher les vues des pays concernés par le phénomène migratoire.

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