Le bras de fer CNES - UGTA prendra bientôt fin

mercredi 24 juin 2009 à 0:02
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Le feuilleton ayant opposé le Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes) à l’Union générale des travailleurs algériens (Ugta), est en phase de connaître son épilogue.

Après plusieurs mois de temporisation, la Centrale syndicale lâche du lest. Importance du secteur oblige, les enseignants du supérieur bénéficieront des indemnités allant entre 60 à 70% du salaire de base avec effet rétroactif à partir du 1er janvier 2008, soit une augmentation de 40.000 DA de leur salaire.

Cependant, «cet acquis» ne représente que la moitié demandée par le Cnes. Le Conseil de l’enseignement supérieur a exigé des indemnités de l’ordre de 150%.

C’est dire que les doléances des enseignants sont prises en otage entre le marteau de l’administration et l’enclume de l’Ugta qui, par l’intermédiaire de son SG, Abdelmadjid Sidi Saïd, a promis la tenue d’une tripartite au début de septembre prochain afin de régler ce problème.

Le corps enseignant a fait des salaires sa revendication centrale sans pourtant avoir satisfaction. Les promesses, il y en a eu, mais pour les concrétiser, on a l’impression qu’il s’agisse des douze travaux d’Hercule.

Indemnités, salaires…voilà, entre autres, les facteurs empêchant l’enseignant d’accomplir convenablement sa mission.

Chaque enseignant, quel que soit son rang à l’université, exerçant dans des conditions précaires entraîne dans son sillage des milliers d’étudiants victimes et perdants.

Ces étudiants eux-mêmes souffrent déjà le martyre. Ils se précipitent pour achever leur cursus afin que cesse la misère. Leurs diplômes sont arrachés à la va-vite.

Et si une question mérite d’être posée, c’est celle de connaître les raisons de ce retard observé par tout le gouvernement pour répondre aux demandes des enseignants du supérieur.

Des demandes «exagérées» pour certains. Cependant, la vérité est tout autre. L’enseignant algérien paraît excessivement «pauvre», en termes de salaire et des moyens dont il dispose, si on le compare à titre d’exemple à celui d’un enseignant au Maroc.

Le salaire du premier frôle les 1000 euros tandis que celui du second dépasse les 10.000 euros. Cette mauvaise réputation de l’enseignant universitaire reflète de fort belle manière l’image de notre université qui se dégrade au fil des années.

Une université qui, selon des observateurs avertis, est sur le fil du rasoir…et sur un point de non-retour si l’Etat ne fait pas preuve d’une volonté politique à long terme.

Dans une de ses déclarations faites à L’Expression, le coordonnateur national du Cnes, Abdelmalik Rahmani, qu’on n’a pas pu joindre hier, est revenu sur ce point.

Les problèmes de l’Université algérienne sont à ses yeux, «la marginalisation multiforme du corps enseignant et la prééminence de l’administratif sur le scientifique».

L’autre problème sur lequel se sont étalés Sidi Saïd et Messaoud Amarna, SG du Cnes, a trait au logement. Des enseignants universitaires, et ils sont nombreux, endossent malgré eux le statut de SDF et partagent des chambres exiguës avec des étudiants. De quoi rêve l’enseignant algérien? D’une vie décente…

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