L’Algérie peut s’ouvrir et participer à l’industrie aéronautique à l’international.

vendredi 21 octobre 2016 à 18:02
Source de l'article : Maghrebemergent.com

L’Algérie recèle un important potentiel humain et matériel pour développer une industrie aéronautique nationale, s’ouvrir et participer à l’industrie aéronautique internationale, ont estimé des experts qui plaident pour stratégie claire notamment dans la sous-traitance.

Lors de la conférence internationale sur la mécanique et l’aéronautique, des spécialistes et chercheurs algériens ont souligné la nécessité de créer des passerelles entre le monde scientifique et les industriels afin d’exploiter le potentiel national de l’industrie aéronautique et mécanique pour lancer de nouvelles activités.
Dans son discours, lu en son nom par la directrice générale du développement industriel et technologique au ministère de l’Industrie et des mines Hassiba Mokraoui, le ministre de l’Industrie et des mines Abdesselam Bouchouareb a relevé la place accordée au secteur de l’aéronautique dans le cadre de la l’actuelle politique de filières industrielles.

Il a affirmé s’attendre de cette conférence « des conclusions qui épousent notre ambition industrielle pour donner plus de force et de profondeur à la politique des filières que nous menons, plus particulièrement dans les domaines de l’aéronautique et la mécanique, élevés dès la loi de finances 2015, au rang de filières prioritaires ».

Abdelkader Kherrat, ingénieur spécialiste dans l’industrie aéronautique au Canada a indiqué à l’APS que « l’Algérie, doit trouver sa place dans l’industrie aéronautique mondiale. C’est devenue même une obligation, car nos voisins ont déjà pris une avancée considérable sur nous dans ce domaine, surtout que la demande existe chez les grands constructeurs (…) ». Selon lui, l’Algérie et le Canada offrent cette opportunité actuellement ajoutant que la sous-traitance dans le domaine de l’aéronautique peut être lancée en Algérie en partenariat notamment avec les canadiens.

« Il suffit juste d’avoir une stratégie claire pour que l’Europe et les autres pays comprennent que l’Algérie veut développer ce secteur et on peut réussir », a-t-il plaidé. De son côté, le professeur Djeghlal Mohamed Lamine, enseignant à l’Ecole nationale polytechnique souligne que « plusieurs chercheurs algériens travaillent avec des laboratoires étrangers, car même les pays développés ont besoin de compétences ».
Pour lui, le développement d’une industrie aéronautique nationale passe par une stratégie bien définie et un financement pour accompagner les recherches scientifiques, ajoutant que « le financement doit être ramené par les industriels qui veulent investir et développer cette activité et en tirer profit ».

Le Pdg du Groupe Mécanique Bachir Dehimi, a également estimé que le potentiel national pour développer une industrie aéronautique est « très important », espérant que la conférence puisse proposer certains nombres d’actions ou de mesures afin de mettre en œuvre ce potentiel. M. Dehimi a expliqué que le secteur mécanique national est disposé à s’ouvrir sur de nouvelles filières, notamment celle de l’aéronautique, vu les points communs existants entre les deux secteurs, « ce qui pourrait constituer un marché important et très rentable ».

Interrogée en marge de la conférence Mme Hassiba Mokraoui, s’est dite « convaincue » de la capacité nationale à développer une industrie aéronautique, surtout que « plusieurs projets sont exprimés dans ce domaine ».

Pour sa part, le professeur et directeur du laboratoire aéronautique à l’université de Blida, Allali Abderrezak, a indiqué que plusieurs recherches sont initiées, tout en insistant sur la nécessité de « rapprocher le monde académique de celui industriel ». Il s’est félicité de la création d’une direction chargée de l’aéronautique au niveau du ministère de l’Industrie et des mines. Selon lui, l’université algérienne forme des étudiants dans les trois cycles universitaires, Licence, Master et Doctorat en aéronautique avec des programmes académiques certifiés mondialement, alors que « des recherches pointues sont développées par ces étudiants ». « Il faudrait juste les financer pour concrétiser des prototypes qui permettront le développement de cette activité », a-t-il plaidé.

En marge de cette Conférence, six conventions ont été signées entre des laboratoires et des acteurs industriels. Une convention a été signée à l’ouverture de la conférence, entre le laboratoire aéronautique de Blida et d’autres acteurs et sites de recherches aéronautiques.

Organisée conjointement par le ministère de l’Industrie et des mines et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, cette conférence de trois jours vise à réunir les compétences scientifiques et les opérateurs industriels des domaines de la mécanique et de l’aéronautique pour renforcer les liens entre les différentes équipes de recherche et le milieu industriel, selon les organisateurs.
L’objectif est d’accroître la collaboration et les échanges scientifiques dans ces domaines, ainsi que présenter au secteur économique, des applications permettant le développement de l’industrie et la sous-traitance nationales dans ces deux filières.

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