L’Algérie a fait voler en éclats la diplomatie Marocaine, Mohammed VI tente de recoller les morceaux

L’Algérie a fait voler en éclats la diplomatie Marocaine, Mohammed VI tente de recoller les morceaux

P150524-20.jpgMohammed VI tente de recoller les morceaux

Après avoir fait des pieds et des mains pour court-circuiter l’Algérie dans les pourparlers de paix inter-maliens et le dialogue inter-libyen, le monarque alaouite repart à nouveau à la conquête d’une Afrique qu’il s’est mis à dos à travers le conflit du Sahara occidental.

L’Algérie fait de l’ombre au souverain marocain. Il essaie de retrouver un peu de lumière sur le continent noir. Pour lui disputer son leadership retrouvé. «Alger capitale de l’Afrique», un statut qu’elle est loin d’usurper. La capitale algérienne est devenue en effet, en l’espace de quelques mois, la destination incontournable des chefs d’Etat africains. Le président de la République du Zimbabwe, Robert Mugabe, président en exercice de l’Union africaine, les présidents sud-africain Jacob Zuma, malien, Ibrahim Boubacar Keïta, nigérien Mahamadou Issoufou, tanzanien, Jakaya Mrisho Kikwete, rwandais, Paul Kagame, y ont séjourné et se sont succédés depuis le début de l’année. Un ballet de chefs d’Etat africains de premier plan qui vient renforcer son statut désormais attesté de capitale de la diplomatie mondiale.

Les grandes puissances, Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie, Espagne lui reconnaissent le rôle de premier plan qu’elle joue pour trouver des solutions politiques et pacifiques aux plus grands conflits qui secouent certaines régions du monde (Mali, Libye, Syrie, Yémen…), tout en adhérant à sa démarche. Le Maroc en est vert de jalousie. Et c’est dans le sillage de ces éclatants succès diplomatiques et de cette bousculade des présidents africains à nos portes que notre «ami le roi» a entamé une visite en Afrique subsaharienne. Un périple qui doit le conduire au Sénégal (dont le président Macky Sall s’est rendu en Algérie en janvier 2015), en Côte d’Ivoire, au Gabon et en Guinée-Bissau. Des pays considérés par la presse marocaine comme «un pré carré». Le souverain marocain redoute qu’ils ne soient séduits par une diplomatie algérienne de plus en plus «agressive» et influente, notamment en ce qui concerne le dossier sahraoui.

L’Algérie est à l’origine du boycott du Forum de Crans Montana qui devait se tenir dans la ville du Sahara occidental occupé, Dakhla, par les Nations unies, l’Union africaine et l’Union européenne, la plupart des grandes puissances (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne, Russie, Chine…), un flop qui a succédé à la tentative de sabordage avortée du dialogue entre les factions rivales en Libye et aux négociations de paix inter-maliennes initiés et pilotés par l’Algérie. Devenue le pays le plus grand d’Afrique, puissance régionale par excellence, l’Algérie est à l’étroit. Sa prospérité, son aisance financière retrouvée et les succès retentissants de sa diplomatie après plus d’une décennie de lutte implacable contre les groupes terroristes islamistes (contre lesquels l’Armée nationale populaire n’a pas baissé les bras aujourd’hui encore) ont renforcé ce sentiment de haine mêlé de jalousie ancestrale que nous voue le Makhzen. «Si le Maroc n’a ni pétrole, ni gaz, alors que l’autre partie (l’Algérie Ndlr) possède un «billet vert» dont elle croit qu’il lui ouvre les portes, au mépris du droit et de la légalité, nous avons, en revanche, nos principes et la justesse de notre cause…» avait osé déclarer, dépité, le 6 novembre 2014, Mohammed VI dans un message adressé à ses sujets à l’occasion du 39e anniversaire de l’annexion du Sahara occidental (Marche verte).

Mohammed VI repart en campagne avec ses desseins inavoués: faire obstacle à la diplomatie algérienne qui a fait voler en éclats les accusations mensongères, les sournoiseries et les complots fomentés par le pouvoir marocain. Faut-il rappeler l’affaire du jeune Islam Khoualed âgé d’à peine 15 ans, qui était en stage avec l’Equipe nationale de voile et a été injustement condamné par le tribunal des mineurs d’Agadir, à une peine d’un an de prison ferme, puis incarcéré dans le centre de détention pour mineurs de la même ville après une simple altercation avec un jeune Marocain. Celle de l’emblème national profané par un membre des Jeunesses royalistes, le jour où le peuple algérien célébrait le 59e anniversaire du déclenchement de sa Révolution…celle des réfugiés syriens, montée de toutes pièces soit-disant expulsés par les Algériens vers le territoire marocain. Des coups bas qui ont réduit la politique étrangère du royaume à une diplomatie de pacotille.