L'accusateur de Hasseni se rétracte

mercredi 10 juin 2009 à 6:46
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02OUV_939703824.jpgLe diplomate algérien Mohamed Ziane Hasseni, mis en cause par la justice française en août dernier dans l’affaire du meurtre d’Ali Mecili en 1987, a été confronté, jeudi dernier, par visio-conférence à son principal accusateur, l’ancien officier des services secrets algériens, Mohamed Samraoui.

Ce dernier est, en partie, revenu sur ses accusations. «Cela s’est plutôt bien passé, M. Samraoui a particulièrement nuancé ses accusations», a indiqué l’avocat de M. Hasseni, Me Jean-Louis Pelletier, cité par l’AFP.

«Cette confrontation est venue conforter les éléments biographiques que nous avons fournis depuis plusieurs mois et qui montrent que M. Hasseni n’est pas la bonne personne», a-t-il ajouté.

Même l’avocat de la famille Mecili, Me Antoine Comte, qui a assisté à la confrontation, a considéré que M. Samraoui avait «pas mal reculé dans ses certitudes».

«Il est moins affirmatif quant à la participation de M. Hasseni, il a quelques doutes», a noté Me Comte admettant que l’évolution des déclarations de Samraoui est de nature à «déboucher, peut-être, sur une modification de la situation de Hasseni».

Ainsi donc, l’ancien colonel Mohamed Samraoui, qui avait certifié au juge Baudoin Thouvenot que Mohamed Ziane Hasseni serait bien Rachid Ziane Hassani, ancien capitaine de la DGPS et présumé commanditaire de
l’assassinat de Ali Mecili, a mis de «l’eau dans son vin».

Ce témoignage avait permis, rappelons-le, au juge de se forger une conviction, indépendamment des résultats de l’expertise graphologique et du test ADN, mettant le diplomate Hasseni pendant plusieurs mois sous contrôle judiciaire alors que ce dernier affirmait être victime d’une homonymie.

Et malgré le témoignage de l’ex-capitaine Hichem Abboud, ex-chef de cabinet du général Mohamed Betchine à la DGPS, qui a toujours défendu la thèse de l’homonymie, la décision du procureur général du parquet de Paris, qui avait demandé la levée des charges contre l’accusé pour une substitution vers le statut de simple témoin assisté, la chambre d’accusation du tribunal de Paris – fait rarissime dans les annales de la justice française qui ouvre la voie à toutes les interrogations- avait décidé de confirmer en appel l’inculpation du diplomate algérien.

Mieux, après les déclarations du ministre des Affaires étrangères, M. Medelci, qui avait affirmé que Hasseni est «retenu en otage» par la France, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Eric Chevallier, avait déclaré que la situation du diplomate est une «procédure judiciaire sur laquelle le pouvoir exécutif n’a pas de prise».

Il aura fallu plus de six mois et des déclarations à un haut niveau pour que la justice française décide de lever le contrôle judiciaire mais sans prononcer la disculpation totale du diplomate algérien.

La justice française décidera également de confier l’affaire Hasseni à un nouveau magistrat quelque temps après la tournure politique qu’a prise cette question. Une manière pour elle de reconnaître implicitement qu’il y avait erreur sur la personne.

Aujourd’hui, et avec le recul du principal témoin accusateur du diplomate algérien, le dossier, qui n’a été élaboré que sur ce simple témoignage, n’est pas seulement fragilisé mais ne repose plus sur aucune preuve.

L’avocat Pelletier devrait d’ailleurs déposer dans les prochaines semaines une «requête aux fins de non-lieu» concernant son client.

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