Souk el hattab à Annaba: Le « Rungis » de Bône

dimanche 6 août 2017 à 11:23
Source de l'article : Lexpressiondz.com

Souk El Hattab, un marché vieux et usé, mais qui n’a jamais failli à son image de marque.
Cet espace commercial emblématique est l’une des références de Annaba la Coquette. Bien que son nom ne dise pas grand-chose, pour certains, mais il est évocateur pour beaucoup d’autres. Plein de charme et de sens, souk El Hattab est l’un des points de passage incontournables de la ville des Jujubes. Soit pour les Annabis, pour les visiteurs d’un jour ou de toujours. Peu d’entre eux connaissent la signification de cette appellation et sa portée historique.

Datant de plus d’un siècle, El Hattab, est une appellation en référence au saint Sidi Ali Hattab, dont le mausolée se situe à l’entrée droite du marché. Se bénissant de la baraka de ce sage marabout, les premiers marchands avaient installé leurs étalages de fortune, près de son mausolée. Pour qu’au fil des temps, il devienne, source de bénédiction à toutes les générations de marchands et commerçants de se souk. Pour les 600 000 habitants de Bouna, ce marché est l’ami intime des rendez-vous préférés, et rappelle l’histoire lointaine, d’une ville et une population. Occupant un espace de choix de par son placement en plein centre-ville, profitant de la bénédiction de Sidi Ali Hattab, souk El Hattab voit converger l’ensemble des quartiers de Annaba et ceux des localités ainsi que les périphéries la ceinturant. Situation qui a valu à ce marché le statut de «coeur battant» de Annaba.

A son évocation, des images enfouies au plus profond de la mémoire, rejaillissent à la surface du présent. Souk El Hattab est pour certains synonyme de nostalgie et pour d’autres, il est source inépuisable d’argent. On peut y faire fortune ou du moins, en poser les premiers jalons. En témoignent le nombre de stands et de commerçants, activant dans cet édifice, débordant d’activité de déballage de toutes marchandises et tous produits confondus. El Hattab est un marché matinal. C’est un lève-tôt, il s’étire et quitte son lit dès les premières heures de l’aube.
Les commerçants déchargent les produits et préparent leurs étals pour accueillir les premières vagues de clients. Fruits, légumes, viandes et poissons sont disposés de telle sorte que le clients puisse faire ses choix. Dans ce marché, tout le monde a l’air de se connaître.

Les marchands ont, depuis longtemps, lié connaissance avec les clients. On se tutoie et le marchand est appelé par son petit nom. Bien que souk El Hattab soit composé de stands vétustes et obsolètes, il reste tout de même l’incontournable lieu de rencontre de toutes les couches sociales sans distinction aucune.
Le patron côtoie l’employé, le directeur, l’administrateur, policier et le pickpocket. Ils sont tous à courir derrière ce que cet espace commercial peut offrir. C’est le marché le moins cher de la ville.

Cependant à regarder de plus près, les prix ne sont pas plus abordables qu’ailleurs. Mais l’habitude et la nostalgie ont fait en sorte que ce marché se préserve de l’usure du temps. Pour les visiteurs et les gens de passage, un tour au marché d’El Hattab, est primordial, pour dire qu’on a effectivement visité la sirène de l’Est algérien, Annaba en l’occurrence. Pour eux, El Hattab est avant tout, un marché, mais un marché pas comme les autres. Coincé entre les deux principales artères de la ville de Annaba, Bouali Saïd et Didouche Mourad et adossé au boulevard de Bouzered Hocine, il comprend en son sein, outre, l’histoire d’une nostalgie, vécue au quotidien, tout ce qu’un client potentiel désire acquérir. Cela va des fruits et légumes, aux produits halieutiques en passant par les viandes blanches et rouges, entre autres produits de large consommation. Souk El Hattab semble vivre à part, il tient à sa liberté qu’il garde jalousement.

L’autonomie de cet espace, de par son rythme d’activité, de loi et de réglementation, rivalise avec le fameux marché de «Rungis» de Paris en France. El Hattab est aussi international que «Rungis», de par les incontournables visites des hôtes étrangers à la ville. Des visiteurs qui ne manquent pas de marquer un passage à cet espace commercial. Ainsi, le fétiche marché d’El Hattab, n’est pas uniquement un lieu d’achat et de vente, il est plutôt l’ histoire de Bouna l’antique, enracinée dans les moeurs des Annabis depuis la nuit des temps.

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