Bouira: Des villageois ferment la RN5 pour dénoncer le laxisme des responsables locaux

jeudi 6 octobre 2016 à 13:20
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

Des centaines de citoyens du village Thameur, situé aux abords de la RN5 et relevant de la commune de Bouira, ont procédé hier dès le lever du jour, aux environs de 6 heures du matin à la fermeture de la route à l’aide des branchages et autres pneus auxquels ils mettaient le feu, pour dénoncer le laxisme des autorités locales vis-à-vis du village.

Hier, lors de notre déplacement sur les lieux aux environs de 10 heures du matin, alors que des centaines de jeunes et moins jeunes, et même des vieux, étaient toujours sur place ; et que des gendarmes dépêchés en renfort étaient également sur les lieux mais hésitaient encore à intervenir pour libérer la voie à la circulation malgré le calvaire enduré par les milliers d’usagers qui usaient de mille et un subterfuges pour trouver une voie de contournement à travers les champs aucun responsable de la commune ou de la daïra de Bouira ne s’était donné la peine de se déplacer sur place pour écouter ces protestataires.

Des protestataires qui par la voie d’un de leur représentant, résument la situation par un abandon total du village par les autorités locales ; un village qui n’a bénéficié d’aucun plan de développement. «Pour vous résumer la situation, je visionnais la semaine dernière une vidéo d’un mariage qui a eu lieu dans le village en 2000. Dans le cortège filmé, on y voyait l’extérieur du village parfaitement. Et vous savez quoi ? Croyez-moi, le mariage a eu lieu en août 2000 mais, à voir les rues du village qui ressemblent plus à des pistes, et les trottoirs défoncés qui sont toujours les mêmes, on dirait que la scène datait d’hier».

Et dire que le village Thameur qui a été inauguré en grande pompe par le président Boumediène en 1970, était à l’époque, un modèle de propreté ! Aujourd’hui, avec l’expansion démographique et l’exiguïté des lieux, le village ressemble à une cité de regroupement, tellement les extensions des bâtisses se sont faites d’une manière anarchique et parfois, lorsque les membres de la famille sont pauvres, cela se fait à l’aide de tôle et autres matériaux de fortune.

Et le tout donne aujourd’hui l’image d’un village totalement abandonné surtout avec ces défonçages qui sont faits par l’entreprise chargée de l’assainissement et dont les travaux traînent en longueur depuis plus d’une année, créant à l’intérieur du village des étangs en temps de pluie et de la poussière tout le temps ; au grand dam des habitants qui ne savent plus à quel saint se vouer. Un village dont l’éclairage public défaillant depuis plus de 6 mois n’a jamais été réparé et qui ne dispose d’aucun dispensaire au moins pour les injections ; et dont les jeunes mariés demandeurs de logements attendent toujours que l’APC de Bouira daigne regarder de leur côté.

Hier, les centaines de protestataires espéraient la visite d’un responsable sur les lieux, pour au moins lui raconter leur calvaire. Mais ce responsable n’est pas venu… et ne viendra jamais. Déçus mais déterminés, les protestataires jurent que tant que les responsables boudent leur village, ils poursuivront leur action, en procédant à la fermeture régulière de la RN5 jusqu’à ce que ces responsables regardent de leur côté et s’engagent à prendre en charge leurs doléances.

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