A l’arrêt depuis plus de deux années: Le Téléphérique: Un projet, à coups de milliards, à l’abandon

lundi 17 juillet 2017 à 11:44
Source de l'article : Lequotidien-oran.com

Les trois stations du téléphérique d’Oran se trouvent dans une situation désastreuse depuis plus de deux années, date de leur arrêt de fonctionnement.

Des installations, à coups de milliards, victimes d’actes de vandalisme et de détérioration sur tout ce qu’y se trouvait: matériels, tableaux de commandes, cabines et autres… La station des ‘Planteurs’ est la plus touchée. Ces sites sont censés être sécurisés par l’entreprise en charge de l’exploitation de ce moyen de transport aérien qui devait donner, un plus, au tourisme de la ville et attirer des visiteurs afin de profiter des vues magnifiques d’El Bahia.
D’ailleurs, même un ancien agent de sécurité, natif du quartier confirmera cette situation «d’abandon», affirmant que depuis que le contrat avec la société privée de gardiennage a pris fin, les problèmes et les actes de dégradation ont commencé et ont touché presque tous les équipements de la station, qui valaient des milliards de centimes. Outre la station des Planteurs, cette situation prévaut, aussi, dans les deux autres stations du téléphérique d’Oran mais à un degré moindre. A Haï Derb, la station dite ‘En Nasr’ a été fermée, et les espaces mitoyens a l’entrée de la station ont été squattés par des mécaniciens et autres revendeurs occasionnels de meubles. Pour la station du Murdjadjo, hormis l’état d’abandon dont elle fait l’objet, elle a pu garder un semblant de sécurité à cause du cantonnement mitoyen de la garde communale et des gendarmes qui se rendent sur les lieux, très souvent.

Selon des sources proches de la commune d’Oran, les problèmes de dégradation des câbles sont à l’origine de l’arrêt du téléphérique d’Oran, il y a deux ans. Les câbles devaient être renouvelés pour un montant de 17 millions de dinars algériens, et le dossier avait été transmis, à la wilaya, pour étude et approbation. Une commission devait trancher pour une réhabilitation totale des trois stations, pour une meilleure sécurité des équipements, pour le confort des citoyens par la pose de nouveaux appareils, de nouvelles cabines de transport de voyageurs, mais depuis rien n’a été fait, puisque aucune décision n’a, encore, été prise, à ce jouir, poussant ainsi les choses à aller vers un abandon des équipements, devenus la proie au pillage et à la destruction.

Le téléphérique d’Oran a vu le jour durant les années 1980. Il a de tout temps, fait partie intégrante de la ville, c’est son cachet, son histoire aussi. Pour beaucoup, le téléphérique était un symbole de la ville, rappelant ainsi un certain passé, il était plus qu’une affaire de simple service public, de transport. Ayant fait l’objet d’un acte de sabotage terroriste, son câble a explosé en plein ciel de Sidi El Houari, en 1992. La décennie noire passée, les responsables locaux songeaient à sa remise sur câble.

Un premier fonds de 24 milliards de centimes a été dégagé, 10 milliardssur un fonds communal et le reste sur le budget de la wilaya. En août 2007, le coup d’envoi officiel du transport par câbles a été donné, pompeusement, par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. Peu de temps après, le téléphérique a été de nouveau saccagé et vandalisé, voire saboté, dans le sillage des protestations populaires, menées par les habitants des quartiers des Planteurs, Sidi El Houari et Derb, revendiquant leur droit au logement social. En 2015, une société suisse, ayant pris le projet en marche, s’est, selon des indiscrétions, lancée dans des travaux en commençant par le déboulonnement des anciennes installations, poteaux et anciennes cabines. La même entreprise étrangère s’est fixée un délai de 15 mois pour la remise en état neuf du téléphérique. Du coup et sans aucune explication avancée jusque-là, des problèmes administratifs surgissent bloquant ainsi le projet, au grand dam des admirateurs.

Le redémarrage du téléphérique d’Oran pourra permettre de développer des structures d’accueil, de détente et de loisirs sur le plateau du Murdjadjo, pour les familles oranaises et le plus pour les touristes, notamment les groupes de pieds-noirs qui viennent, chaque année, plus nombreux «revisiter» leurs quartiers et maisons…

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