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Espagne : Des conditions d’entrée plus souples pour les touristes non européens ?

Espagne : Des conditions d’entrée plus souples pour les touristes non européens ?

Dans une nouvelle instruction donnée à son «service étranger», la Direction générale de la police a assoupli les formalités administratives exigées des étrangers hors communauté européenne demandeurs de visa d´entrée en Espagne.

Désormais, les touristes devront indiquer seulement le nom et l´adresse de la personne qui les invite sans les nombreux détails demandés par le passé. Jusque-là, les ressortissants extracommunautaires étaient obligés de présenter un billet «aller-retour» conditionné par le paiement d´une forte taxe en cas d´annulation suite à un plus que probable refus de visa, la réservation d´hôtel soumise aux mêmes conditions, ou encore de justifier d´un somme d´argent suffisante pour la durée du séjour en Espagne, soit 74 euros par personne et par jour.

Lorsqu´il s´agit d´une visite familiale, les conditions posées frisaient le ridicule. Le demandeur de visa devait présenter le contrat de location de celui qui invite, un document validé par la communauté des propriétaires de l´immeuble, la copie de sa carte de séjour, ses fiches de paie, sa déclaration d´impôts et… sa carte de crédit. De quoi donner de bonnes idées aux fraudeurs spécialisés dans le document scanné.

L´asphyxie du secteur touristique
Les autorités espagnoles ont «assoupli» la procédure administrative à la suite des plaintes émanant des agences du tourisme et du secteur de l´hôtellerie qui résistent encore aux effets de la crise économique, grâce à l´argent des étrangers. La crise a obligé, en effet, les Espagnols à réduire leurs économies pour les vacances et beaucoup d´hôtels et de restaurants ont dû fermer. Les plus tenaces parmi les commerçants se sont vus contraints de réduire le prix des chambres d´hôtel et de brader les loyers de location de leurs appartements situés le long de la côte méditerranéenne.

«Quelle affaires peut-on faire quand le nombre de chômeurs dépasse les 5 millions et quand les touristes étrangers se font moins nombreux à cause de la bureaucratie des visas», s´indigne le patron d´un motel restaurant d´Alicante, la ville espagnole qui fait ses meilleures affaires avec le «trabendo» oranais et algérois et les touristes algériens. Le gouvernement espagnol a dû réagir pour sauver le seul moteur

de l´économie qui tourne encore au quart de son rendement par rapport aux années d’avant la crise lorsque l´Espagne enregistrait grâce au tourisme entre 40 et 50 milliards d´euros/an. «C´est l´équivalent des rentrées en devises d´un pays pétrolier comme les Emirats arabes unis !», se réjouissait, en 2008, l´ancien président José Luis Zapatero.

Les plaintes du Brésil et du Mexique
La pression pour l’assouplissement des formalités de délivrance des visas est venue aussi, (et surtout ?) de pays qui, comme le Brésil et le Mexique, les géants parmi les géants des pays émergents avec lesquels l´Espagne entretient de solides relations économiques. Le roi Juan Carlos et le président Mariano Rajoy ont été interpellés par les autorités brésiliennes et mexicaines sur le refoulement de leurs ressortissants aux frontières espagnoles, parfois pour un banal motif.

Le 2 avril dernier, le Brésil avait de fait appliqué la réciprocité aux Espagnols. Le 1er juin, le Mexique lui avait emboîté le pas en publiant un communiqué officiel par lequel il a dénoncé «le refoulement, l´expulsion ou le fait de retenir ses ressortissants dans les aéroports espagnols». Indigné par le traitement réservé à ses compatriotes, l´ambassadeur du Mexique à Madrid avertira alors que son gouvernement

«ne tolérera jamais cette situation». Un diplomate mexicain est désigné en permanence à l´aéroport Barajas de Madrid pour s´assurer du bon traitement réservé à ses compatriotes. Le moment de la réaction conjointe de Mexico et de Brasilia est bien choisi. Le roi d´Espagne et le président Rajoy devaient effectuer, en juin, successivement une visite officielle à Brasilia et au Mexique à l´occasion du Sommet du G20. Aussi, l´instruction du gouvernement espagnol à sa police ne tardera donc pas.

L´exemple de la réciprocité algérienne
Les touristes maghrébins sont parmi les plus mal traités par les pays de l´Union européenne. Une fois les formalités draconiennes réunies, il faut encore se soumettre à l´humiliation de l´agence de service algérienne (la belle astuce) rue Debussy. Ensuite, il faut attendre la peur au ventre la réponse du consulat et être prêt à dire adieu aux frais de visa.

«L´Algérie a au moins eu le mérite d´avoir appliqué le principe de la réciprocité du visa imposé aux ressortissants du Maghreb par Chirac, en 1986», constate un Tunisien dans une «opinion» à un journal européen. Un appel du pied aux autorités de son pays et du Maroc pour adopter une «position commune» pour, à l´instar du Mexique et du Brésil, faire fléchir les pays de l´Union européenne. Récemment, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Amar Belani, avait fait état de la convocation,

par le département des Affaires étrangères du chargé d´affaires de l´ambassade d´Allemagne, en l´absence de l´ambassadeur, pour lui signifier que le gouvernement algérien n´acceptera jamais l´humiliation subie par deux ressortissants algériens à l´aéroport de Frankfurt alors que ces employés des Arts graphiques étaient munis d´un visa Schengen. Une attitude de fermeté qui devrait faire réfléchir les gouvernements étrangers sur l´inviolabilité morale du ressortissant algérien.

H. A

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