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Education : Qui est responsable de la surcharge des classes ?

Education : Qui est responsable de la surcharge des classes ?

Le ministre de l’Education nationale, M, Abdelatif Baba Ahmed a du pain sur la planche. Si le ministre a qualifié cette rentrée scolaire d’acceptable, les rapports présentés par les directeurs de l’Education des wilayas, rencontrés jeudi, au siège du ministère, font état d’une véritable catastrophe.

Une surcharge dans les lycées dans plusieurs wilayas du pays, des établissements sans chefs, ils fonctionnent avec des intérimaires, un flagrant déficit d’enseignants de mathématiques, physique et langues étrangères (anglais et français). A cela s’ajoutent les comportements de certains fonctionnaires : «des intendants et des directeurs d’établissement dans certaines wilayas qui refusent de vendre des livres scolaires, causant un retard dans distribution du livre». La prime scolaire n’arrive toujours pas à être débloquée dans certaines wilayas. Et le comble, dans le sud, certains élèves et enseignants sont toujours en vacances, ils n’ont toujours pas regagné les bancs de l’école. Bien que le ministre de l’Education et le chef cabinet ont tenté de minimiser les faits en affirmant que cette surcharge est normale et se limite à 10 wilayas du pays, les directeurs représentant des wilayas, notamment du centre du pays et l’ouest évoquent des situations contraignantes pour les élèves et les parents d’élèves. La surcharge à l’ouest du pays touche 72 établissements sur les 5.672 répartis sur 14 wilayas du pays. Certaines classes affichent plus de 45 élèves par classe. Le directeur des wilayas de l’ouest a précisé lors de la présentation du rapport que la surcharge ne concerne pas uniquement le lycée. «Nous avons enregistré 44 élèves par classe dans 6 écoles primaires». Le directeur des wilayas de l’ouest a soulevé le déficit en enseignants des mathématiques, de physique et du français notamment à Oran, Bechar, Mascara et Aïn Témouchent. Ainsi que d‘autre problèmes de taille, un manque de directeurs dans certains établissements primaires, gérés actuellement par des intérimaires en raison «des départs à la retraite non signalés par des anciens directeurs». Idem pour le centre du pays qui regroupe 12 wilayas du centre, de Chlef à Tizi Ouzou en passant par Alger. Les directeurs de l’Education de ces wilayas ont aussi évoqué la surcharge en minimisant les faits. «Ce n’est pas un grand problème plus de 40 élèves par classe à travers certains lycées». Et d’ajouter : «plus de 41 élèves par classe à Tipaza et Tizi Ouzou, sans parler de la wilaya de Chlef qui connaît une surcharge inacceptable dans certains lycées, l’établissement Djilali Bounaoui compte à lui seul 46 élèves par classe» . Sachant que certains parents élèves ont refusé que leurs enfants se dirigent vers d’autres établissements jugés loin par rapport à leurs lieux d’habitation, malgré les assurances de la direction de l’Education qui a décidé de mettre à leur disposition un bus scolaire. Le directeur de l’Education des wilayas du centre a évoqué le retard enregistré dans la réalisation des établissements scolaires dans les délais accordés initialement. «Sur 20 CEM, nous avons réceptionné 9, et sur 179 lycées, aucun lycée n’a été réceptionné jusqu’à maintenant, ce qui est à l’origine de cette situation», dit-il. Pour ce qui est des chefs d’établissements primaires, le directeur du centre a précisé que «14établissements primaires sont sans chefs». A l’est du pays, on évoque quelques poches de surcharge : «c’est exactement 4% de surcharge seulement». Le problème qui se pose dans ces régions, le manque d’enseignants dans les spécialités déjà citées et quelques entraves administratives, notamment dans le recrutement et l’accès au concours de recrutement. Au sud du pays, certains enseignants sont encore en vacances. Ils n’ont pas encore repris leur fonction sous prétexte que les élèves mettent du temps pour regagner les bancs de l’école !

Le chef de cabinet du ministère, Aboubaker Khaldi, a précisé que le ministère de l’Education a dépêché des inspecteurs à travers le territoire national pour suivre de près tous ces problèmes, afin de tout remettre en ordre. Pour Khaldi, le problème de la surcharge est un problème conjoncturel. «Il ne faut pas incriminer le ministre sortant, Benbouzid, en l’accusant de n’avoir pas fait les prévisions à temps ni les walis qui tardent à livrer à temps leurs projets». Même son de cloche, chez le ministre de l’Education, fraîchement installé : «les walis sont dépassés, tous les projets, que ce soit de logements, les infrastructures de base ou les établissements scolaires, sont tous prioritaires, donc il ne faut pas jeter des pierres sur les responsables locaux» a-t-il précisé.

Le directeur de wilaya du sud qui a parlé d’une surcharge dans 42 lycées sur les 302 lycées dans les wilayas du sud, a estimé que cette surcharge dans les classes «n’est pas une chose nouvelle, elle a existé depuis déjà 50 ans». Le chef de cabinet persiste en soulignant que malgré la surcharge déjà vécue dans les années précédente, les élèves avaient enregistré de bonnes moyennes dans les examens de sixième, du BEM et du bac.

Enfin, si certains directeurs de wilaya ont affirmé que le problème de la surcharge ne peut être résolu qu’après 4 ou 5 ans, le ministre de l’Education a annoncé que le problème de la surcharge sera résolu pour l’année scolaire 2012 – 2013.

LE CASSE-TETE DES MATHEMATIQUES

Le ministre de l’Education a estimé que le déficit en matière d‘enseignants spécialisés en mathématiques et en physique est un problème international. Il y a peu d’élèves qui s’intéressent à ces deux branches. «3 % des élèves qui choisissent ces deux branches». Et d’ajouter : «Idem à l’université, les étudiants boudent ces deux spécialités et ça se répercute sur l’enseignement lui-même». Pour Baba Ahmed, il faut chercher des solutions au niveau de l’université, «il faut imaginer des solutions pour inciter nos jeunes étudiants à choisir de plus en plus les branches scientifiques» a-t-il suggéré.

DES SOLUTIONS ENVISAGEABLES POUR LA SURCHARGE DU CARTABLE

Le ministre de l’Education, M. Abdelatif Baba Ahmed a reconnu que le problème de la surcharge du cartable doit être solutionné. Il a précisé que trois scénarios sont possibles. Le premier doit être appliqué facilement aujourd’hui. C’est le respect des programmes : «l’enseignant doit établir un programme au préalable, il doit suivre un planning journalier en demandant aux élèves de ne ramener que les livres dont il a besoin au cours de la journée». La deuxième solution qui est envisageable, c’est le système du casier par élève. «L’élève doit être le maître de son casier, il prendra avec lui à la maison un livre ou deux pour la révision, car il n’aura au maximum qu’une heure ou deux heures de révision». Pour la troisième solution, le ministre a indiqué qu’elle prendra un peu de temps, la solution consiste à l’allégement des programmes. «Il faut regrouper des spécialistes qui vont étudier les solutions possibles, supprimer, si c’est possible, quelques matières qui, selon les parents d’élèves, sont superflues».

AUCUNE RECLAMATION POUR LA SCOLARISATION DES ENFANTS SYRIENS

Le ministre de l’Education, M. Abdelatif Baba Ahmed, a indiqué que le gouvernement a pris toutes les dispositions possibles pour faciliter l’inscription des élèves syriens, dans les écoles algériennes. «Ils suivront le programme pédagogique algérien» a-t-il mentionné. Et de préciser que certains enfants syriens ont été orientés vers les établissements de la formation professionnelle. Le ministre a affirmé que ces structures n’ont pas encore recensé tous les élèves inscrits en affirmant qu’ «aucune réclamation n’a été formulée par les parents réfugiés des enfants syriens concernant l’inscription ou la scolarisation de leurs enfants».

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