Vendredi 8 juin à 9:26
Des réseaux privés de télévision apparaissent en Algérie

Des réseaux privés de télévision apparaissent en Algérie

Ces derniers mois, les Algériens dont le paysage audiovisuel national se limitait aux émissions d’Etat, ont assisté à la naissance de plusieurs réseaux télévisuels indépendants.

De nouveaux choix en termes de médias arrivent donc sur la scène algérienne malgré le blocage du processus de réforme visant à libérer le secteur et à ouvrir la télévision et la radio au secteur privé, comme le Président Abdelaziz Bouteflika en avait fait la promesse en janvier 2011.

Devant une nouvelle législation sur les diffusions télévisuelles restée au point mort, de nombreux réseaux ont décidé de contourner ce blocage en diffusant leurs émissions depuis l’étranger. Les journalistes et techniciens employés sur ces chaînes sont toutefois basés en Algérie. Echorouk TV, Ennahar TV, El Djazairia, Al Magharibia, El Adala et Dzair Shop TV ont ainsi fait leur entrée dans le paysage audiovisuel algérien.

El Djazairia, un réseau lancé par deux experts en communication, a pour objectif de réunir les Algériens. A l’issue d’une courte période d’essai, la chaîne a commencé ses diffusions en avril dernier.

Dans une interview accordée à Algérie News, Mohamed Redjdal, co-propriétaire du réseau et directeur du studio de production, a expliqué que le principal objectif de sa chaîne était de satisfaire les téléspectateurs aspirant à une réelle programmation télévisuelle. Son réseau est majoritairement consacré à la culture et aux divertissements, a-t-il précisé, en particulier parce que ceux-ci manquent aujourd’hui sur les petits écrans.

« Vous ne pouvez pas simplement rester assis à ne rien faire et rejeter la responsabilité de la situation sur le combat récent mené par le pays », a indiqué Redjdal, affirmant que son réseau insufflera une nouvelle vie à cette dynamique culturelle qui a été interrompue, et qui doit désespérément maintenant reprendre son cours.

Le réseau présente également un programme d’informations.

« Pendant très longtemps, il n’y a eu qu’une manière de faire les informations, alors j’avais suivi la tendance », a déclaré le présentateur de l’émission Mustapha Kissassi. « Certains de nos jeunes ont tenté de faire des changements visant à améliorer le contenu et les méthodes, mais cela a été vain ».

Même des journaux populaires qui se sont distingués de prime abord dans la presse écrite, comme Echorouk et Ennahar, ont lancé leurs propres chaînes de télévision.

Dans l’un des articles de son magazine, Eli Fodhil, directeur d’Echorouk, a expliqué que son siège étant situé en Jordanie, sa chaîne relève de la législation étrangère.

« Echorouk TV paie 100 000 dollars par an pour diffuser ses programmes à partir de Nilesat », a-t-il dit, ajoutant que le réseau avait demandé au ministère des Communications que les journalistes puissent travailler en toute légalité en Algérie.

Anis Rahmani, président de la chaîne Ennahar TV, a déploré le fait que la législation algérienne n’autorise pas l’ouverture d’un média malgré les garanties données par le gouvernement.

Abdellah Djaballah, dirigeant du Front pour la justice et le développement, a fait l’acquisition de son propre réseau télévisuel, El Adala, dont la diffusion est assurée depuis le Bahreïn. « Les programmes sont exclusivement consacrés aux activités du parti : les voyages, les réunions, les déclarations des candidats, les rapports faits par les citoyens », a indiqué Aïssa Korichi à Magharebia.

Quant à la chaîne Al Magharibia, qui n’est en rien affiliée au site d’informations Magharebia.com, elle n’est dorénavant plus disponible sur Nilesat.

Dans un communiqué de presse publié au mois de février, Salim Salhi, directeur de la chaîne, a indiqué que British Telecom avait révélé que son entreprise sous-traitante avait subi des pressions de la part d’un pays nord-africain non identifié concernant le contenu de la programmation d’Al Magharibia. Le communiqué affirmait l’intention du réseau télévisuel de s’engager dans des poursuites judiciaires pour obtenir des indemnités et faire connaître le pays responsable.

De nombreux Algériens avaient blâmé la chaîne, prétendant qu’elle entretenait des liens avec le Front islamique du salut (FIS) maintenant dissous.

Le ministre des Communications Nacer Mehal a déclaré, face à cette prolifération de nouveaux réseaux, qu’il ne pouvait faire grand-chose pour contrer ce phénomène en raison du vide juridique existant. Lors d’une interview accordée le 2 mai à l’agence APS, il a reconnu que ses services n’avaient pas de plan financier spécifique en direction de ces nouveaux réseaux mais que la loi sur les médias, en cours d’élaboration, tiendrait compte de cet aspect des choses. Il a toutefois ajouté que des consultations étaient encore nécessaires avec toutes les parties impliquées.

Pour le moment, les réactions des téléspectateurs sont nuancées. Anima, étudiante, dit avoir été agréablement surprise par El Djazairia : « Pour des débutants, je pense qu’ils s’en sortent très bien. Leurs émissions de divertissement sont bonnes, en particulier ‘maâ Zahra’, ainsi que le one-man show qui se déroule dans un café qui ressemble vraiment à ceux d’Alger. »

Malik, 40 ans, souligne que les chaînes turques privées ont commencé leurs diffusions depuis l’Allemagne dans les années 1990, et que cette chaîne fait ses débuts de la même manière au Royaume-Uni.

« On peut pas se montrer trop critique », a-t-il dit à Magharebia. « Les débuts ne sont jamais parfaits, mais vous verrez, dès que ENTV disposera de plus de personnel et d’équipements, la qualité s’améliorera ».

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