Mardi 2 octobre à 20:29
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Crèches, Normes et réglementation

Crèches, Normes et réglementation

Placer son enfant dans une crèche est un parcours du combattant pour beaucoup de parents, notamment pour les femmes qui travaillent. Et lorsque ce problème est résolu, c’est celui de la prise en charge de l’enfant qui se pose. Les conditions d’accueil ne sont pas toujours convenables, selon les parents rencontrés au niveau du Presco. Pour s’enquérir de la situation dans laquelle évoluent les bambins, il nous a été difficile d’accéder aux crèches. Mais tout porte à croire qu’entre la théorie et la pratique, il y a tout un monde…

L’ouverture de garderies et autres crèches est soumise à des normes. Cependant, dans la réalité, beaucoup de centres d’accueil de la petite enfance ne les respectent pas. C’est tout simplement devenu un commerce en constante augmentation et dont les gérants profitent de la détresse des familles pour accueillir les enfants parfois dans des conditions pas toujours convenables. « L’incompétence du personnel, la surcharge des classes, l’absence de règles de sécurité et de prévention sanitaire » sont entre autres insuffisances relevées par les parents. Dans ce contexte, M. Smaïl Noual, chef du service études pédagogiques à l’Etablissement public de gestion des structures préscolaires de la wilaya d’Alger évoquera la gestion des crèches du secteur public. Selon lui, la wilaya d’Alger gère 34 établissements. Cette gestion s’inscrit dans le cadre du Fonds commun des collectivités locales du ministère de l’Intérieur de 2006 et qui avait décidé la construction d’un jardin d’enfants par commune pour répondre aux besoins des parents. Sept nouveaux établissements s’y ajouteront. « Ils seront livrés incessamment », a-t-il annoncé. « Il ne reste que la livraison de l’équipement scolaire nécessaire », a-t-il affirmé.

DE NOUVELLES CRECHES POUR BIENTOT
Ces établissements sont situés à Aïn Benian, Staouéli, Hammamet, Raïs Hamidou, Draria, Dar El Beïda, Sidi Moussa et Ouled Chbel. Selon M. Noual, la capacité d’accueil des 34 établissements est de 4 282 enfants. « C’est la norme adéquate des structures spacieuses », dira-t-il. Le nombre d’enfants sera revu à la hausse avec l’ouverture des nouveaux établissements dont la capacité d’accueil sera de 570 places. Toutes les structures doivent être soumises au décret 02-87 du 17 septembre 2008 conformément au cahier des charges relatif aux normes pédagogiques d’espace, volume d’air, hygiène et sanitaires. Ainsi, la réglementation stipule que la grande et moyenne section (cinq et quatre ans inscrits dans le préscolaire) doivent contenir 35 enfants au maximum. La section des enfants âgés de 3 ans doit contenir 25 enfants par classe, et 15 enfants par classe pour la section des moins de trois ans (de 12 à 36 mois). M. Noual explique que la réalisation d’une crèche est soumise à une étude établie avant son lancement. Une crèche appropriée doit offrir 1,4 m2 pour chaque enfant. Les salles pédagogiques ne doivent pas être inférieures à 40 m2 pour 30 enfants. « La surface doit être spacieuse et vitrée entre 10 et 15 % du plancher pour l’aération », a précisé le même responsable. Quant aux sanitaires, le même responsable a précisé que « les normes exigent des WC par groupe de 15 enfants ». Soit deux sanitaires pour une salle pédagogique de 30 enfants en plus de 3 robinets, soit un pour un groupe de 10 enfants. Les espaces de cours et de détente ne doivent pas être inférieurs à 150 m2 dont la moitié de la superficie doit être aménagée en aire de jeux alors que l’autre moitié doit faire office de jardin pour que les enfants puissent s’y détendre.

UN PROGRAMME PEDAGOGIQUE APPROPRIE
L’enfant placé dans une crèche doit bénéficier d’un enseignement pédagogique et éducatif pour développer ses capacités et ses facultés mentales. Raison pour laquelle, M. Noual a indiqué que « les établissements gérés par la wilaya d’Alger suivent le programme officiel initié par le ministère de l’Education nationale selon la loi 04-08 du 23 janvier 2008 » qui stipule que « les enfants de la petite école doivent bénéficier de ce système y compris les crèches privées ». Pour leur part, les enfants âgés de quatre ans sont orientés vers un programme de « pré » du préscolaire. Le but étant, selon le même responsable, de les initier et les préparer aux travaux du préscolaire mais de façon allégée. Pour ceux âgés de trois ans, ils seront initiés à des petits programmes d’activités pratiques.

QUID DE LA QUALIFICATION DES EDUCATRICES ?
Placer son enfant dans une garderie est peut-être la solution pour certains parents qui travaillent, mais qu’en est-il de la prise en charge des enfants ? Les éducatrices sont-elles formées ? Ont-elles le profil approprié pour prendre en charge des enfants en bas âge ? Selon M. Noual, les crèches, dépendant de la wilaya d’Alger, étaient gérées par des puéricultrices sorties de l’Ecole de formation des éducatrices Hamla-Abderrezak de Bologhine. Le niveau de terminale et plus était exigé. Elles ont suivi une formation de deux ans, une année de théorie et une autre de pratique. Selon le même responsable, cet établissement spécialisé a été fermé il y a deux ans. Les raisons ? La formation en question est assurée aujourd’hui par le ministère de l’Enseignement et de la Formation professionnels. Elle existe également à l’école Saint-Michel affiliée à la Sonatrach, un autre institut à Bordj El Kiffan spécialisé dans les techniques supérieures de l’éducation de la petite enfance. « Nous recrutons les éducatrices issues de ces centres pour assurer une prise en charge de qualité aux enfants, a-t-il révélé. Les universitaires retenues sont les psychologues, psychopédagogues, psychocliniciennes et orthophonistes ». Ces éducatrices doivent appliquer le programme pédagogique qui commence par l’accueil de 7h30 à 9h00. De 9h00 à 15h00, l’enfant bénéficie des cours du programme préscolaire en plus de la pause déjeuner et de la sieste. A partir de 15h00, on le prépare à la sortie, ce qui veut dire qu’il a droit à la collation de l’après-midi, chants et amusement jusqu’à ce que ses parents viennent le récupérer à 17h30, heure de fermeture de l’établissement. En moyenne, chaque classe doit compter deux éducatrices. La première est chargée des cours alors que l’autre devra la seconder et s’occuper des enfants, section des grands en cas de nécessité. Trois éducatrices sont nécessaires chez les moins de trois ans qui sont répartis par groupe de 15 à 25 enfants par classe. Selon les textes de loi, les éducatrices doivent assurer 36 heures de travail par semaine. Une réorganisation est en train de se faire pour équilibrer le travail et les tâches de chacune d’elles. « Le passage de l’ancien week-end au nouveau depuis 2009 fut à l’origine de certaines contraintes concernant le volet horaire qui n’a pas arrangé les éducatrices  », a précisé M. Noual.

4000 DA PAR MOIS ET PAR ENFANT
Quant aux tarifs, ils sont de 4000 DA/mois et par enfant dans les établissements publics. Les parents devront payer un supplément de 1000 DA comme frais d’inscription qui incluent les manuels pédagogiques, les activités culturelles, les sorties et excursions, les distractions (spectacle de clowns…) et la célébration de la fête de fin d’année le mois de juin. Selon M. Noual, pour éviter toute ambiguïté, les parents sont invités à effectuer leur versement mensuel par mandat postal. Le délai de virement va du 1er au 5 de chaque mois. « La réglementation est claire sur ce point », dira-t-il.

Rym Harhoura

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