Céréaliculture: Une saison qui fait peur!

samedi 5 novembre 2016 à 15:22
Source de l'article : Letempsdz.com

Le manque de pluviosité fait peur aux fellahs, au citoyen lambda mais aussi aux pouvoirs publics.

«Même si les régions du centre et de l’est du pays ont été un peu arrosées ces derniers temps, pour les wilayas de l’ouest, j’ai un peu peur», s’est exprimé le ministre de l’Agriculture, Abdeslam Chelghoum, lors d’une rencontre avec Le Temps d’Algérie.

«Nous comptons beaucoup sur les wilayas de Tiaret et de Sidi Bel Abbès pour une bonne production de céréales. Mais jusqu’à présent, les pluies tardent à arriver et si les choses ne s’améliorent pas, il y a vraiment de quoi s’inquiéter», a révélé le ministre avec beaucoup de regrets. Interrogé sur l’introduction de techniques d’irrigation pour pallier justement des situations pareilles, le ministre a précisé que «l’irrigation d’appoint, comme son nom l’indique, intervient en complément. Mais pour ce qui est du cas actuel, il faudrait que les pluies arrivent pour bien arroser les sols et permettre de labourer».

Dans ce sens, le ministre a rappelé que les mauvaises récoltes enregistrées lors de la précédente campagne sont dues essentiellement à la sécheresse et au gel qui a sévi dans les régions à vocation céréalière. La production céréalière de l’Algérie a baissé à 3,41 millions de tonnes en 2015/2016 contre 3,7 millions de tonnes l’année précédente, avait indiqué le directeur de la régulation et du développement de la production céréalière au ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Chérif Oumari. Une production record de 6,12 millions de tonnes avait été enregistrée en 2009.

Pour expliquer ce recul, le responsable au ministère a évoqué plusieurs facteurs, notamment météorologiques dont le gel, la grêle et la sécheresse qui se sont successivement abattus sur les hauts plateaux, une région à vocation céréalière. Fournissant plus de détails, Oumari avait précisé que les quantités de céréales collectées sont réparties entre plus de 2 millions de tonnes de blé dur, 0,5 million de tonnes de blé tendre, plus de 0,9 million de tonnes d’orge et 0,075 million de tonnes d’avoine.
La moyenne de rentabilité pour la saison 2015-2016 est estimée à 1,6 tonne par hectare.

En Algérie, la farine extraite à partir de blé tendre destinée à la fabrication du pain (farine panifiable) est subventionnée par l’Etat, le pain étant considéré comme un produit de première nécessité au même titre que le lait.  En 2015, le montant des importations de céréales a baissé à 3,43 milliards de dollars contre 3,54 milliards en 2014, le gouvernement algérien souhaitant réduire la facture alimentaire, notamment celle des céréales, en prenant des mesures en faveur des agriculteurs locaux. Cependant, la courbe de production est en dents de scie, car à défaut d’utiliser les techniques de l’irrigation, la culture céréalière reste tributaire des précipitations. Les besoins de l’Algérie en céréales sont estimés à environ 10 millions de tonnes par an. La production locale n’en fournit que la moitié, voire le tiers.

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