Bourse universitaires et couffin du Ramadhan au programme des députés

samedi 13 juin 2009 à 7:17
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Aux deux députés qui l’interpellaient sur ce qu’ils qualifiaient de « situation misérabiliste » de l’étudiant, le ministre de l’Enseignement supérieur a rétorqué que le tableau sombre présenté par les parlementaires est trop noirci.

Ali Brahimi, député de Bouira, a donné le ton en affirmant que la revalorisation de la bourse des étudiants à hauteur de 3 000 DA n’est pas suffisante, eu égard aux dépenses nettement supérieures des universitaires.

Il a estimé nécessaire d’attribuer une bourse mensuelle de l’ordre de 6 000 DA pour répondre aux besoins élémentaires de ces jeunes. « Vous avez décrit un sombre tableau de la situation des étudiants algériens, dans votre question orale.

À croire que les autorités ne se préoccupent pas du tout de cette catégorie », a répliqué Abderrachid Harraoubia, ministre de l’Enseignement supérieur. Il a souligné que si le pays ne disposait que de 98 résidences universitaires en 1995, il en compte aujourd’hui 318, qui fournissent 470 000 places d’hébergement.

De son avis, la surpopulation dans les chambres se pose à Alger, et certaines grandes villes où il y a concentration des franchises universitaires. Il a déclaré, par la suite, que le but de la bourse n’est pas de couvrir les frais de restauration et de transport chez le privé.

Nous avons aussi fait nos calculs, et nous estimons que les dépenses annuelles de l’étudiant ne dépassent pas 1 450 DA, à raison de 700 DA pour la restauration, 150 DA pour le transport, 400 DA pour l’hébergement et 200 DA de frais d’inscription.

À titre d’exemple, « le prix d’un repas au restaurant universitaire est de 1,20 DA, et n’a pas changé depuis 1962″. À ce titre, il a ajouté que ces frais ne représentent que 13% de la bourse perçue annuellement. Il a indiqué que la bourse des étudiants en postgraduation sera augmentée de 50%, à partir de la prochaine rentrée.

Il a informé, en outre, qu' »un accord conclu entre son département, celui de la Solidarité nationale et celui des transports, prévoit d’offrir des billets d’avion gratuits pour les étudiants originaires des wilayas du Sud, mais inscrits dans des facultés des villes du Nord.

Le député Benhassir est revenu à la charge, en s’interrogeant sur le véritable sort réservé aux milliards engloutis par les œuvres sociales, sans que cela se reflète dans le niveau de vie des étudiants. » On a même dit qu’ « on servait aux étudiants de la viande d’âne », a-t-il accusé.

« Si vous ciblez des régions particulières, il faut donner plus de précisions afin que la tutelle prenne en charge le problème », a rétorqué le membre du gouvernement. À partir de là, le ton commençait à monter d’un cran. « Ne faites pas de jugements basés sur des informations erronées », a reproché le ministre de l’Enseignement supérieur aux députés qui l’interpellaient.

Encore une fois, il a égrené des chiffres sur les réalisations de son secteur. Il a ajouté que l’Algérie est le seul pays au monde qui assure le transport gratuit aux étudiants. « La flotte de l’enseignement supérieur – 4 043 bus – est plus importante que celle du département des transports », a-t-il ironisé.

Un autre élu a lancé, en direction du ministre de la Solidarité nationale, que « le couffin du Ramadhan est une image qui n’honore pas l’Algérie ». Il a proposé d’instituer un budget de la Solidarité nationale. Djamel Ould-Abbès s’est appuyé, aussi, sur des chiffres pour étoffer ses réponses au député.

Il a assuré que 70 000 personnes, sans revenus dont des personnes âgées, reçoivent une pension. Il faudra ajouter à cette statistique deux millions de handicapés. Le député Berkani a alors jugé utile d’évaluer les besoins de la population en matière d’aides sociales.

Un autre élu a proposé d’instaurer une allocation chômage pour les diplômés universitaires qui ne trouvent pas d’emploi. Le représentant de l’Exécutif a répondu que la proposition est certes réalisable, mais que l’objectif du gouvernement est de réduire les proportions du chômage.

Il a rappelé les différents dispositifs d’aides à l’emploi, mis en place par les autorités compétentes. « Nous avons un déficit en communication, car beaucoup de jeunes ne connaissent pas les opportunités que leur offre l’État », a-t-il conclu.

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