Après le faux barrage de Aïn-Defla: Alerte antiterroriste maximum.

vendredi 18 novembre 2016 à 16:45
Source de l'article : Lesoirdalgerie.com

L’assassinat de deux personnes dans un faux barrage à Aïn-Defla ravive aujourd’hui les inquiétudes et les interrogations autour du phénomène du terrorisme à l’heure où celui-ci est présenté comme étant définitivement en déclin.

Le fait inquiète d’autant plus qu’il intervient quelques jours à peine après un attentat perpétré contre un policier à Constantine. Les deux évènements nous mettent face à une réalité flagrante : les victimes ont toutes été tuées dans des actions qui nécessitent une préparation minutieuse et une logistique humaine que l’on croyait disparue tout au long de ces dernières années où les groupes terroristes ont été soumis à une très forte pression qui a fini par les paralyser avant de les laminer.

L’attentat de Constantine s’est ainsi déroulé dans des conditions troubles. La victime se trouvait attablée dans un restaurant au moment où des individus ont surgi et ouvert le feu avant de s’emparer de l’arme du policier et de prendre, ensuite, la fuite.

L’expérience acquise durant la décennie noire démontre qu’une telle action ne peut être menée qu’avec l’appui d’éléments de soutien dont le rôle primordial consiste à filer et renseigner les terroristes sur les habitudes de la cible et le moment idoine où elle peut être «appréhendée». Comment savoir sinon que ce policier se trouvait dans un restaurant à l’heure dite ? Ceci peut aussi valoir pour l’attentat perpétré contre trois personnes dimanche dernier dans la wilaya de Aïn-Defla.

Les victimes ont trouvé la mort dans un faux barrage et dans des conditions atroces qui rappellent l’horreur vécue dans les années 1990. Les deux militaires, vêtus de vêtements civils, et un citoyen ont été égorgés puis brûlés. Les terroristes ont pris la fuite. Etaient-ils informés du passage du taxi transportant les deux soldats ? Ce qui est sûr est que cette attaque intervient au moment où une très forte pression sécuritaire est exercée par les forces de sécurité à l’est du pays où un groupe important de terroristes a été repéré il y a plus de deux semaines. Se basant sur des témoignages de citoyens, ils ont appris et confirmé l’infiltration d’éléments activement recherchés, la photo circule d’ailleurs sur le net, dont certains ont pris part à l’attentat perpétré contre un policier à Constantine.

L’alerte maximum a d’ailleurs été déclenchée dans cette wilaya mais aussi à Skikda et Jijel où des groupes terroristes auraient réinvesti le terrain. Selon des informations non démenties citant les services de sécurité, ces terroristes seraient en préparation d’un attentat de grande envergure. Une mobilisation très forte s’en est suivie et d’intenses opérations militaires ont été immédiatement déclenchées dans les trois wilayas concernées où est notamment recherché un kamikaze dénommé Massahal Youcef dit Zoubeïr.  Ces opérations de recherche étaient d’ailleurs toujours en cours au moment où un autre ratissage d’envergure a été déclenché peu de temps après à Aïn-Defla et les régions limitrophes pour tenter de retrouver les auteurs du faux barrage.

Les auteurs du faux barrage ont-ils tenté de faire diversion pour desserrer l’étau autour de leurs acolytes cernés dans les zones de l’Est ? Le scénario est très probable, classique, et confirme malheureusement l’existence d’une stratégie de groupes plus structurés que l’on ne le disait. Le hic est que cette résurgence a lieu au moment où le pays semblait réellement débarrassé de ce phénomène.

Tous les experts en matière de sécurité étaient unanimes pour dire que les groupes subsistants étaient non seulement paralysés par la pression exercée par les services de sécurité, vidés de leur substance sous l’effet de la loi sur la rahma (concorde civile) et réduits à se terrer et à se battre individuellement dans un environnement marqué par l’hostilité et la reprise de confianceplus de l’ancienne situation. L’apparition de groupes actifs dans le nord du pays pourrait cependant trouver réponse dans les prévisions émises par plusieurs spécialistes des questions sécuritaires, selon lesquelles les groupes éclatés en Libye allaient probablement tenter de s’infiltrer dans les pays limitrophes tels que l’Algérie.

On se souvient que l’ancien secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-moon avait même adressé au Conseil de sécurité un rapport pour faire part de son inquiétude suite à des informations faisant état de la «remontée» d’éléments de Daesh vers des pays voisins dont le nôtre. Se peut-il que l’Algérie se trouve aujourd’hui dans ce cas de figure ? La revendication par Daesh de l’assassinat du policier à Constantine mais aussi l’identification par les services de sécurité d’un des auteurs de cet attentat comme étant le chef de Daesh en Algérie accentuent la tension et laissent planer le doute, même si le discours officiel tend à affirmer l’inverse.

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